La pleine lune est une menteuse. Ignorez-le pour de meilleures vues

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Pensez-vous que la meilleure observation de la lune se produit lorsque cet orbe est un disque blanc parfait et brillant dans le ciel ?

Détrompez-vous.

Attendez les ombres. Plus précisément, les longues et irrégulières qui creusent la surface pendant une phase de pénombre. C’est alors que se produit le véritable drame.

Les débutants supposent que la pleine lune l’emporte. C’est lumineux. C’est évident. Mais à travers un télescope ? C’est un festival d’éblouissement. Plat. Flagrant. Mort.

Leslie Peltier, surnommée « le plus grand astronome non professionnel du monde », le savait instinctivement. Même avec une petite lunette de deux pouces à ses débuts, il poursuivait la ligne du lever du soleil sur la face lunaire.

“J’ai suivi l’avancée du soleil jusqu’au bout… Je n’étais toujours pas du tout préparé aux merveilles que j’ai découvertes… Aucune photographie… n’est froide, plate et morte comparée à ce que l’on voit à travers un petit télescope.”

Les photographies mentent. Ils compriment la profondeur. Un télescope au bon moment révèle trois dimensions.

À la poursuite du terminateur

Alors, quand pointez-vous réellement vos optiques ?

Oubliez le plein. Visez le premier ou le dernier trimestre.

C’est à ce moment-là que le terminateur se trouve à proximité des fonctionnalités que vous souhaitez voir. Le terminateur n’est qu’un mot sophistiqué pour désigner le bord où la lumière du soleil rencontre l’ombre. Ça bouge. Lorsqu’il roule sur des cratères et des montagnes, ces formes apparaissent soudainement en haute définition.

Une faible puissance aide également. Un grossissement de vingt à quarante fois maintient toute la scène dramatique dans le cadre. Une puissance élevée coupe le contexte. Vous perdez la scène pour vous concentrer sur un accessoire.

Le lundi 25 mai par exemple, regardez à droite de la ligne de terminaison. Vous apercevrez Copernic. Le cartographe du XIXe siècle Thomas Gwyn Elger l’appelait le « monarque de la Lune » en raison de sa simple présence. Il se trouve là, sur 58 miles de large, avec des murs en terrasses et un complexe de pic central qui semble sculpté dans le marbre.

La géométrie compte. Lorsque le premier quart arrive ce samedi 23 mai, à 7 h 11 HAE, le soleil frappe de côté. Les ombres s’allongent. La topographie émerge.

Est-ce brillant ? Non. Un mythe courant suggère qu’une demi-lune a la moitié de la luminosité d’une pleine.

FAUX.

Sa luminosité est seulement un onzième. La surface diffuse la lumière de manière inefficace aux angles faibles. Les ombres dévorent le reste.

Pourquoi la lueur est l’ennemi

Regardez la pleine lune du 31 mai. Elle atteint son maximum d’éclairage vers 4 h 45.

Le soleil se trouve directement au-dessus du centre lunaire. La lumière inonde chaque crevasse. Il n’y a pas d’ombres pour ancrer le regard. Juste un lavis blanc. Regarder même à travers un oculaire décent est inconfortable. Plat.

Mais attendez que ce soit un mince croissant. Regardez attentivement la partie sombre. Vous voyez ce léger contour fantomatique ? C’est Earthshine. La lumière du soleil rebondit sur nos océans et nos nuages ​​et se reflète sur la Lune.

Il fait sombre. C’est étrange. Cela fait ressembler la Lune à une sphère suspendue dans le vide, et non à un autocollant collé sur une feuille noire.

La plupart des œuvres d’art l’ignorent. Les artistes dessinent des croissants ou des pleines lunes. Des demi-lunes apparaissent parfois.

Mais qui dessine les gibbous ?

Gibbous signifie bosse, du latin gibbus. Il décrit cette phase compliquée entre la moitié et le plein. C’est en fait la phase que l’on voit le plus souvent dans la vie réelle, tout simplement parce qu’elle reste dans le ciel la majeure partie de la nuit. Essayez de le retrouver le mardi 26 mai vers 17h30 heure locale. Regardez bas à l’est-sud-est. Vous pourriez le trouver en vol stationnaire avant le coucher du soleil.

Le croissant ? Parti tard dans la nuit. Le gibbeux ? Toujours accroché.

Une micro lune bleue

On termine le mois avec deux titres pour cette dernière pleine lune du 31 mai : Blue Moon et Micro Moon.

Blue Moon désigne la deuxième pleine lune au cours d’un seul mois civil. Cela n’a rien à voir avec la couleur. Historiquement, le bleu faisait référence à la poussière atmosphérique ou aux cendres volcaniques qui rendaient la lune bleue. Le nom est resté coincé dans un malentendu de calendrier en 1946 via le Maine Farmers Almanac.

Micro Moon est la physique. Le 1er juin à 1 h 00 HAE, cette lune atteint son apogée. C’est son point le plus éloigné de la Terre en orbite.

À 252 004 milles de distance, elle semble environ 14 % plus petite qu’une « Super Lune » au périgée.

Donc, une micro pleine lune bleue.

Ce sera lumineux. Ce sera plat.

Si vous avez un télescope, gardez peut-être le capuchon de l’objectif jusqu’à la semaine prochaine. Que les ombres reviennent.