Comment un siphon déplace le liquide contre la gravité sans pression atmosphérique

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Un siphon est d’une simplicité trompeuse. Il s’agit généralement simplement d’un tube plié en forme de L avec une jambe plus longue que l’autre. Vous déposez l’extrémité courte dans un récipient rempli de liquide, aspirez ou pompez l’air pour démarrer le flux, et tout à coup, le liquide grimpe par-dessus le bord et se déverse sur la jambe longue jusqu’à un niveau inférieur. Cela ressemble à de la magie. C’est de la physique.

On suppose souvent que la pression atmosphérique pousse le liquide vers le haut du tube. C’est une idée fausse courante. Un siphon fonctionne dans le vide. Les véritables moteurs sont la gravité et la cohésion. La gravité entraîne le liquide vers la jambe la plus longue. Cela crée un léger vide au sommet du virage. Les forces de cohésion (le caractère collant interne du liquide) maintiennent la colonne intacte afin qu’elle ne se brise pas sous son propre poids. Tant que le liquide tient ensemble, la gravité fait le travail.

La limite de hauteur est stricte. Au niveau de la mer, l’eau ne peut pas s’élever de plus d’environ 10 mètres (33 pieds). Poussez-le plus haut et les forces de cohésion se cassent. La colonne se brise. Le flux s’arrête.

Ce principe ne s’applique pas seulement aux tuyaux d’arrosage. Les ingénieurs civils utilisent des siphons inversés pour gérer les infrastructures. Ces tuyaux transportent les eaux usées ou les eaux pluviales sous les ruisseaux, les autoroutes ou des tranchées profondes dans le sol. Contrairement aux égouts standards qui reposent sur un écoulement gravitaire à canal ouvert, un siphon inversé est entièrement rempli de liquide. Il coule sous pression. Cela permet à l’eau de traverser des dépressions qu’elle ne pourrait autrement pas traverser naturellement.

La distinction compte. Un siphon standard repose sur la gravité tirant une colonne suspendue. Un siphon inversé repose sur la pression poussant un tuyau rempli. Les deux déplacent le liquide contre la pente, mais ils le font différemment. On pend. On pousse. Les deux fonctionnent parce que les liquides résistent à la rupture.

Pourquoi nous trompons-nous encore ? Probablement parce que nous ne pouvons pas voir la pression de l’air en action à l’intérieur d’un tube transparent. Nous voyons l’eau monter et supposons que l’atmosphère la retient. Mais retirez l’air. Retirez la pression. L’eau monte encore. La gravité est le moteur. La cohésion est la chaîne. Sans l’un ou l’autre, le siphon échoue.

Les siphons inversés empêchent les villes d’être inondées lorsque le sol gêne. Ils sont cachés sous terre, sous pression et pleins. Ils ne ressemblent pas à des siphons. Ils n’agissent pas comme des siphons. Mais ils résolvent le même problème : déplacer le liquide de haut en bas, même lorsque le chemin nécessite de descendre puis de remonter.

La limite reste cependant la même. Dix mètres. Pas plus. Dépassez cela et la chaîne se brise. Le flux meurt. La gravité gagne.

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